Les hivers du Québec, à vélo

Bon. L'été est enfin arrivé au Québec. On l'attendait tu rien qu'à peu près, hein! Je considère que la saison de vélo hivernal est finie. Voici donc un survol de mon expérience à deux roues des deux derniers hivers.


Plus jeune, je faisais du vélo dans les rues de mon quartier comme la majorité des enfants de mon âge le faisaient, et parfois, dans les sentiers forestiers autour de chez moi.

Mais seulement l’été.

Oui, parce qu’en été, il fait beau et chaud. Et pas question de faire du vélo sous la pluie. Y vente, y fait frette, y’a de l’eau partout… Nenon. Pas question.

21 janvier 2015. La bête et un beau coucher de soleil. Fuji X100s.

Aujourd’hui, je fais du vélo régulièrement, non seulement l’été ou pour le plaisir, mais bien pour me déplacer. En fait, j’utilise mon vélo toute l’année. «Même l’hiver!?», diront certains. Oui monsieur, même l’hiver. «T’es malade, tu dois geler ben raide!», rétorquent-ils. Certes, c’est peut-être un peu extrême considérant les hivers impardonnables du Québec, mais une chose est sûre : je n’ai pas froid. Du tout. Plutôt l’inverse! Après 2-3 minutes à pousser sur les pédales entre les plaques de glace et les flaques de slush brune, le corps se réchauffe et le reste de la randonnée est confortable.

En réalité, c’est pas si compliqué ou si extraordinaire que ça que de faire du vélo dans la neige. Le strict nécessaire pour s’assurer que l’expérience soit agréable, c’est d’avoir un vélo en bon état, une tuque mince sous un casque, un cache-cou/foulard, et des gants/mitaines. C’est tout! On peut aussi ajouter des lumières, des bottes, des pneus à clous, une souffleuse, pis toute pis toute… Bon, sérieusement. Selon la distance qui vous sépare du travail ou de l’école, le vélo (d’hiver) est une option réaliste quant à vos déplacements quotidiens.

C’est certain que ça demande une petite période d’adaptation, mais l’expérience est vraiment unique en son genre. … Je suis peut-être un peu fou en quelque part. Je pourrais très bien utiliser le service d’autobus de la ville, ou encore prendre l’auto de backup de la famille, mais non. Je préfère faire travailler mes deux jambes.

7 mars 2015. En me dirigeant au Cégep. Fuji X100s.

T’sais, il y a quelque chose de magique dans l’expérience du vélo hivernal. C’est un peu comme si on sait que c’est pas habituel, voire anormal, et ça devient donc quelque chose d’extraordinaire, de flyé. Les gens nous regardent comme si on avait perdu notre permis de conduire et ça fait rire. Les quelques glissades sur des plaques de glace font rire elles aussi (j’vous l’dis!). Avoir ses roues qui coincent dans 2 pieds de neige, ça montre à quel point on est impuissants face à la nature. Devoir débarquer de son vélo et le pousser parce que les vents frôlent les 70 km/h à -25 degrés (sans le facteur éolien), c’est assez inoubliable merci.

10 décembre 2014. Celle-là, c'était une pas pire. Fuji X100s.

En février 2014, je décrivais l’expérience d’un matin particulièrement agréable à vélo en me dirigeant vers le Cégep :

This morning’s commute especially was magical. -10°C (14°F), which is comfortable. Snowflakes peacefully falling from the pale blue sky. A layer of light snow covering the streets. The muffled crunching sound of rubber tires on snow. Wind respectfully making room for calmness. Whiteness all around.

The sight was splendid. I slowed down, breathed in the chilly winter air and let vapor out of my nostrils. From speeding into the cold waft, my eyes were covered with water: I tightly shut my eyes together, pushing droplets of water down onto my right cheek.

After a few pedal strokes, the core of my body heated up. Warmth began filling my limbs. I felt tingles spread through my legs, eventually reaching the tip of my toes. My cheeks colored pink. […] Winter bicycling is pure fun.

Pendant les deux dernières années, je me suis déplacé en vélo pour aller au Cégep la grande majorité du temps. Forces majeures et autres considérations m’ont mené à prendre l’autobus ou un véhicule, question de sécurité. Maintenant que j’ai fini le Cégep, je quitte pour l’Université de Sherbrooke dans quelques mois.

J’ai bien hâte de découvrir la ville sur mon vélo, en été comme en hiver!


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