«Cette offre n’est pas disponible au Québec»

La semaine dernière, Spotify a partagé une offre pour les étudiants canadiens : un rabais de 50% sur un abonnement de 12 mois à Spotify Premium, un service que j’utilise quotidiennement et paie présentement au plein régulier. En me rendant sur le site de Spotify pour profiter du rabais, j’ai lu la mention suivante, écrite en tous petits caractères :

Due to restrictions, this offer is unavailable in Quebec.

«Bon, tant pis», me suis-je dit.


Ce matin, j’ai voulu m’inscrire au Chatbot Challenge, un hackathon (une sorte de compétition informatique) organisé par Amazon Web Services et Slack, mais encore une fois, en me rendant sur la page d’inscription, j’ai découvert que je ne peux pas y participer parce que j’habite la province de Québec.

«Bon, encore», me suis-je dit.

Au moins, je me dis qu’on est pas les seuls.


Qui est à blâmer pour ces exclusions?

Après une petite recherche Google, j’ai découvert que c’est la *Régie des alcools, des courses et des jeux *(RACJ) qui est à blâmer. Voici pourquoi :

En gros, pour les organisations qui organisent ces offres et ces concours, c’est trop de trouble de négocier avec la RACJ, donc elles préfèrent simplement ignorer le marché québécois.

Un exemple de gossage : la RACJ demande de recevoir le texte des règlements d’un concours publicitaire au moins 10 jours avant que celui-ci ne soit diffusé au public, afin qu’il puisse être approuvé… ou refusé, ce qui prolonge la durée des négociations entre les organisateurs et la RACJ (RLRQ, c. L-6, r. 6, art. 2). On peut facilement comprendre qu’une organisation américaine ait probablement vraiment pas envie d’attendre après nous autres.

Autre exemple : dans le cas d’un «concours publicitaire dont la valeur totale des prix offerts dépasse 100$» (comme un hackathon, par exemple), la RACJ exige de recevoir de 0.5% à 10% (!) de la valeur d’un prix offert selon la provenance des participants du concours (RLRQ, c. L-6, art. 58). Je n’ai rien trouvé de comparable aux États-Unis, mais si c’est le cas, faites-m’en part.


C’est dommage d’être exclus de ces offres et de ces concours, mais c’est tout de même intéressant de comprendre pourquoi les organisations préfèrent ignorer le marché québécois. En attendant, je vais continuer à profiter de Spotify au prix régulier!


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